Ce traitement , en période hors couvain alors que les varroas sont agripés aux abeilles, permet une lecture du nombre de varroas phorétiques tombés (adultes mères sur abeille), dans une fourchette d’efficacité appréciée par expérience entre 50 et 90 %.
Il n’est bien sûr pas suffisant en tant que traitement complet et s’inscrit dans un profil de lutte anti-varroa annuel, qui sous-entend une action plus curative et opportune suivant les résultats.

Application et méthode

A la fin du traitement anti-varroa, les lanières mises en place 10 semaines auparavant (selon les consignes du vétérinaire conseil du GDSA) seront retirées en temps voulu. Un contact prolongé avec la molécule active est néfaste et favorise l’accoutumance des acariens rescapés.

Le produit employé est le Taktic à 12.5 % d’Amitraze. Les quantités précises sont 0.5 ml qui représentent une dizaine de gouttes (soit la moitié d’une seringue standard de 1 ml). La mesure à la seringue est plus précise, car elle n’est pas sujette aux variations des compte gouttes.
Cette quantité (10 gouttes) est répartie sur un lange préalablement graissé (saindoux, margarine) et étendue avec un pinceau neuf ou réservé à cet effet.
Mettre des gants, pratiquer dans un endroit bien aéré, retourner les langes face contre face, les empiler pour le transport et introduire dans les ruches la même journée (aucun stockage).

Il est bon de préciser quelques notions sur l’aspect mécanique du principe d’action :
Les lanières Apivar agissent par contact, en relarguant en petite quantité le produit sur les abeilles qui se déplacent sur ces lanières. Le produit actif enfermé dans la matière plastique n’agit pas ou très peu par évaporation (long terme).
La méthode des lanières carton agit par contact et évaporation (moyen terme).
La méthode des 10 gouttes sur lange agit par évaporation (court terme). Elle a aussi une action de contact sur les abeilles qui touchent le lange bien sûr, mais le choc est trop violent et peut faire subir quelques pertes aux abeilles.

Rappel important

Si le lange est placé dans la ruche sur le plateau, la lecture est impérative 24h après et le lange enlevé.
Si le lange est placé hors ruche sous le plateau grillagé, la lecture peut se faire 2 à 3 jours après, les abeilles ne sont pas en contact et l’efficacité reste très bonne.

Autre rappel

De nombreux paramètres interviennent pour bien assimiler les différences entre l’infestation varroa et la pression pathogène de varroa sur les abeilles :

  • l'essaimage ou l'élevage au printemps ;
  • les différents traitements de dépistage effectués ;
  • les types de traitements en fin d’été ;
  • la reprise automnale du couvain et continuité ou non du couvain estival ;
  • les miellées d’automne ;
  • les périodes de climat doux ou persistance du froid ;
  • l’état des colonies avec des effets synergiques pathogènes d’autres pathologies ;
  • la résistance des souches…

Ce type de traitement ponctuel au Taktic permet une photographie immédiate de la pression varroa dans la ruche, qu’il est impératif de corréler avec l’historique annuel (saisonnier) de la lutte anti-varroa de ces mêmes ruches. Le nombre de varroas décrochés est seulement indicateur, les cotes d’alertes diffèrent selon la période calendaire.

Pour simplifier, entre 10 et 50 varroas décrochés dans la période d’octobre à février indique une quantité limite. Il est capital d’aider la ruche avant la reprise du printemps et selon les conditions climatiques.
Au delà des 50 varroas décrochés, un traitement ponctuel lors d’un redoux hivernal s’impose pour continuer d’assainir la ruche et avec traitement intermédiaire au début du printemps.
En dessous de 10 à 20 varroas décrochés, surveillance oblige, l’infestation est présente mais ne devrait pas passer le cap de la pression pathogène sur les abeilles.

Méditer aussi cette réflexion entendue à propos des traitements de la varroase

Chaque apiculteur peut choisir de :

  • traiter ou de ne pas traiter contre la varroase ;
  • traiter avec des produits à l’efficacité variable et insuffisante (thymol, acide oxalique…);
  • traiter avec des techniques bricolées à l’efficacité aléatoire ;
  • traiter à des périodes différentes de celles recommandées en ignorant le rôle pathogène du parasite durant l’automne.

Cependant, les citoyens et les autres apiculteurs ne sont pas tenus :

  • de subir les contaminations engendrées ;
  • de financer l’indemnisation des pertes de cheptel.

En d’autres termes, l’apiculteur a des responsabilités