Ce sont les ouvrières qui peuplent en grande partie la ruche. leur longévité varie selon la saison : de 30 à 40 jours en période d'activité à 6 mois en période d'hiver. Un essaim pesant 1 kilo en possède à peu près 10 000.

Les ouvrières sont des femelles stériles qui au cours de leur vie larvaire ont subi un sevrage précoce (suppression de gelée royale, remplacée par une bouillie miel-pollen) ayant pour conséquence des organes génitaux atrophiés.

Elles ne pondent pas quand la reine pond normalement et qu'elle dégage alors suffisamment de phéromones pour souder la colonie. Dans une colonie orpheline, on trouve des ouvrères pondeuses. Elles provient des larves nourries fortuitement de gelée royale, une abeille ne pouvant devenir pondeuse après sa naissance. Cette abeille qui a tout à fait l'aspect d'une autre abeille, possède cependant les ovaires plus développés. N'ayant pas été fécondée, elle ne peut pas pondre des oeufs d'ouvrières.

Au sein d'une colonie, il y a répartition du travail, et les différentes activités sont effectuées par des ouvrières d'âges différents. Son travail varie en fonction de son âge.

Travaux intérieurs

  • Les jeunes ouvrières qui ont moins de 8 à 10 jours sont tour à tour : gardiennes, nettoyeuses, ventileuse, cirières,( ces dernières se reconnaissent à leur abdomen assez volumineux par le miel contenu dans le jabot) d'autres entretiennent la chaleur du couvain et nourrissent les les larves en dégorgeant dans les cellules le nectar que d'autres ouvières viennent de recueillir sur les fleurs.

Puis l'ouvrière s'occupe indifféremment:

  • de la mise en réserve des récoltes, pollen et nectar
  • de la ventilation de la colonie et contribue à l'évaporation de l'eau contenue dans le nectar qui se transforme en miel;
  • d' operculer les alvéoles,
  • de l'entretien: rejet à l'extérieur des individus morts ou mal formés, calfeutrage des fentes avec de la propolis
  • cirière : les glandes situées sous l'abdomen peuvent sécréter de la cire à partir du vingt et unième jour. La cire apparaît sous forme de petites plaques entre les quatre derniers segments de l'abdomen. Les ouvrières cirières la malaxent à l'aide de leurs mandibules et travaillent alors en groupe à l'édification des nouvelles alvéoles.
  • gardienne et bat le rappel: vers le dix-huitième jour l'ouvrière défend l'entrée de la colonie, en relevant son abdomen et en battant des ailes, elle émettre des odeurs, grâce aux glandes de Nassanov, qui assurent l'orientation des plus jeunes ouvrières. Les ouvrières âgées de trois semaines soignent et nourrissent la reine.
  • butineuse: à partir du vingtième jour, et jusqu'à sa mort, l'ouvrière récolte du nectar et le pollen. Elle butine les fleurs, en suce le nectar, qu'elle transporte dans son jabot avant de le régurgiter. Dans le jabot, le nectar subit un début de digestion qui contribue à le transformer en miel.

L'ordre à l'intérieur de la ruche, avec ses dizaines de milliers d'abeilles, est assuré par chacun des individus exécutant parfaitement ses tâches.

Les différentes parties du corps ont un rôle fonctionnel particulièrement bien adapté aux activités de l'abeille.

  • Les pattes en plus du rôle de locomotion sont de véritables outils.

La  première paire de patte sert au nettoyage des antennes et de la langue. La deuxième paire sert à détacher les pelotes de pollen. Les pattes postérieures possèdent une cavité appelée cuilleron ou corbeille dont les bords sont garnis de poils à leur partie extérieure. La corbeille est destinée à emmagasiner le pollen récolté sur les fleurs. Sur la partie intérieure, 9 à 10 rangées de petits poils servent de brosse pour recueillir les écailles de cire  qui se forment sous l'abdomen.

  • Le système buccal s'est adapté aux ressources mellifères de l'environnement (langue plus ou moins longue selon la profondeur des corolles des fleurs).
  • Les glandes salivaires  se sont adaptées à la transformation du nectar (passage des sucres composés en sucres simples).

L'enchaînement des fonctions nourrices (sécrétion de la gelée royale)et cirières (fonctionnement optimum des glandes cirières) est une réussite d'adaptation à la capacité d'entretenir et développer le couvain.

La polyvalence des individus et l'adaptabilité aux évènements font que tout est fait pour le groupe.