Les deux principales sources de nutriments des colonies d'abeilles domestiques :

  • le nectar, source de glucides (sucres), qui se transformera en miel,
  • et le pollen des fleurs, unique source de protides (protéines) de la ruche, qui en consomme en moyenne entre 20 et 30 Kg par an, et dont la valeur nutritive pour les abeilles varie en fonction de la fleur butinée.

La connaissance de la flore, que l'on classe dans la catégorie des plantes mellifères, est primordiale pour un apiculteur (richesse, saison, durée de la disponibilité, etc.)

A- Les aliments de base

1-Le nectar

Les abeilles butinent dans les corolles des fleurs des gouttelettes de nectar, formé de 50% de matière sucrée, de minéraux et 50% d'eau , qu'elles entreposent dans leur jabot. Elles visitent 50 à 100 fleurs pour amasser 40 mg . Le temps de retourner à la ruche, le nectar subit sa première transformation :

  • Inversion du saccharose par les invertines et incorporation de l'acide formique.
  • Evaporation de l'eau par les veines assainissantes du jabot.

A la ruche, le nectar est distribué aux jeunes abeilles, l'ingurgite et lui incorpore des matières azotées provenant des glandes salivaires. Puis elles l'emmagasinent dans les cellules. Le nectar est très concentré : 20 % d'eau et 80 % de matière sucrées, de matières minérales et azotées appelé « miel ».

Le miel est un extrait très concentré de toutes les propriétés des plantes visitées par les abeilles d'où autant de sortes de miel que de fleurs visitées.

2-Le pollen

Le pollen est la semence mâle produite par les étamines des fleurs. Le pollen est constitué de protéines qui permettent de développer la larve jusqu'au stade de l'abeille. Une carence en pollen a de graves conséquences (baisse de l'élevage, développement physique perturbé, moindre résistance à la maladie, etc.)

En butinant les fleurs pour en soutirer le nectar qu'elles transformeront en miel, les abeilles accumulent le pollen sur leurs pattes postérieures. Elles en forment de petites pelotes qu'elles rapportent à la ruche afin de l'utiliser comme nourriture. Ces pelotes renferment, outre le pollen de diverses espèces végétales, des enzymes. Les abeilles produisent ces enzymes pour dissoudre la solide enveloppe qui enferme les éléments nutritifs à l'intérieur de chaque minuscule grain de pollen

Ce sont des protéines végétales de première qualité, indispensable pour le développement des abeilles, surtout à l'état larvaire. Une carence en pollen a de graves conséquences (baisse de l'élevage, développement physique perturbé, moindre résistance à la maladie, etc.)

B-La récolte du nectar

Entre le 18ème et le 21ème jour après sa naissance, les glandes hypophrygiennes et cirières trop faibles pour produire la gelée royale et la cire, l'abeille sort chercher le nectar, le pollen, la propolis et l'eau selon les besoins de la colonie.

L'abeille se pose sur le fleur, la langue lèche la gouttelette de nectar qui remonte dans le tube formé par les maxilles et le système labial. La surface poilue de la langue et sa terminaison par le cuilleron facilite l'opération. L'abeille explore systématiquement toutes les fleurs du site. Le changement d'espèce de fleur s'opère à l'épuisement de la ressources.

1- Organes de récolte du nectar

Les abeilles ont besoin d'un système pour récolter le nectar des fleurs différent de celui qu'elles utilisent pour récolter le pollen parce que l'emplacement du nectar varie selon la structure de la plante. Chez certaines plantes, le nectar apparaît librement sur la surface des pétales et les abeilles n'ont pas de problème à l'atteindre. Cependant, pour les fleurs de d'autres espèces, le nectar est beaucoup moins accessible, étant au fond d'un long tube. Par conséquent, les abeilles doivent être capables de descendre en profondeur pour récupérer le nectar de ces zones.

  • La langue
  • Les glandes annexes au tube digestif situées dans la tête : glandes hypopharyngiennes (sécrétion de la gelée royale), glandes mandibulaires (servent à l'élaboration d'une partie de la gelée royale et aide à pétrir la cire et la propolis),
  • Les glandes labiales débouchant à la base de la langue et servant à traiter les sucres ;

C-La récolte du pollen

Cette récolte peut être indépendante ou simultanée avec celle du nectar. L'abeille se pose sur une fleur, le pollen de la fleur se colle à ses poils, alors elle quitte la fleur, et en vol, à l' aide de petites brosses situées sur une paire de pattes, elles rassemblent les grains de pollen et les mettent dans de petites excavations sur les pattes arrières. cela forme des petites boules, (de la grosseur d'une petite lentille) et l' on dit que les abeilles ont " des culottes de pollen"

 

1- Organe de récolte du pollen

D-Mise en réserve des aliments

  • Le nectar : dès le retour à la ruche,  2 opérations débutent : inversion des sucres élimination de l'eau.

 Le travail sera effectué, suite à une série de transferts de jabot en jabot, pour donner le miel.

La caractéristique particulière du miel est donnée en plus par l'origine florale ( huiles essentielles), les minéraux et oligo- éléments, et une partie des diastase qui ont servi à l'inversion des sucres.

Stockage dans les alvéoles

Le miel sous forme de liquide est déposé dans les alvéoles selon les besoins et circonstances. L'élimination de l'eau résiduelle se fait par la chaleur et la ventilation. Quand l'alvéole est pleine et que le seuil d'humidité est optimum, la cellule est fermée par une fine opercule de cire, pour le miel mis en réserve (conversation plusieurs mois, voire plusieurs années ). Le destockage se fait en découpant finement l'opercule de cire et souvent avec un léger apport d'eau, cette nourriture sera disponible pour la consommation des adultes et/ou des rves.

Le pollen

Lors de la constitution des pelotes à la récolte, le pollen est enrichi par des secrétions salivaires. Le pollen frais est stocké dans les alvéoles  proximité immédiate de l'espace de ponte..

Le pollen est tassé dans l'alvéole, isolé de l'air par une couche de miel protectice. Il y subira une fermentation lactique  (« ensilage ») avant d'être consommé par les ouvrières. Le pollen est un produit fragile qui s'altère vite selon les conditions de conservation. Alors, il perd sa valeur nutritive, voire devient impropre à la consommation et inutilisable.

D-La digestion

Le système digestif est constitué :

tube_digestif

  • D'un tube  : l'oesophage qui conduit la nourriture dans une réserve importante (capacité de stockage = 3/4 du poids de l'abeille)
  • Le jabot : qui sert de transport aux liquides que l'abeille récolte; le nectar emmagasiné dans le jabot perd 50% de son poids par évaporation de l'eau qui est éliminée par les tubes de Malpighi dans l'intestin terminal; il reçoit ensuite un suc provenant d'une glande frontale qui l'imprègne de la diastase. le miel sort du jabot par des contractions musculaires, soit pour être dégorgé dans les cellules, soit, si le besoin s'en fait sentir pour passer dans l'estomac de l'insecte.
  • Le pro-ventricule : petit organe musculeux qui fait communiquer le jabot au ventricule. Il permet la régurgitation du miel. Il permet d'isoler le contenu  de son jabot du reste du tube digestif.

Pour ce qui est de sa consommation personnelle, une petite partie continue le circuit vers l'intestin.

  • Le ventricule : partie antérieure dans laquelle sont produit les sucs gastriques et sont transférés les produits de la digestion (essentiellement le glucose) vers l'hémolymphe par capillarité des parois pour être acheminés aux cellules. Dans l'extrémité postérieur débouchent les tubes de Malpighi qui assurent l'épuration de l'hémolymphe. Ils sont au nombre d'une centaine, d'un blanc jaunâtre, longs de 20mm, situés entre l'intestin moyen et l'intestin grêle.
  • L'intestin antérieur : conduit les déchets dans une poche : l'ampoule rectale.
  • L'ampoule rectale : dans cette poche s'accumulent les déchets alimentaires. Les résidus se concentrent dans le rectum ( l'ampoule rectale) et s'évacue hors de la ruche.

La configuration et le fonctionnement de ce type de système digestif a pour conséquence une certaine fragilité :

  • La sollicitation pour l'invertase va épuiser l'abeille au niveau physique et glandulaire) en plus il y aura un prélèvement sur elle une partie des oligo-éléments.

  • L'accumulation de résidus dans l'ampoule rectale (surtout en hiver et au début du printemps) est un risque majeur (développement des parasites : protozoaires entre autres).

E- La trophallaxie 

C'est le principe du transfert de nourriture entre individus dans un groupe social. La nourriture passe d'ouvrière en ouvrière ou d'ouvrière à mâle.

Les abeilles utilisent ce processus pour l'élaboration du miel et apporter la nourriture à ses consoeurs.

La pratique de trophallaxie est séduisante pour la vie sociale mais une nourriture polluée (bactérie, résidu de pesticides...) passe rapidement chez tous les individus de la colonie.

F- Les besoins alimentaires des différentes castes

 

  • Abeilles adultes : miel et peu de pollen apportant l'énergie pour le travail
  • Larves : gelée royale puis bouillie de miel + polle +eau  permet son développement
  • Mâles : miel
  • Reine : gelée royale (riche en protéines et acides aminés)