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L'abeille s'alimente essentiellement du nectar et du pollen des fleurs ainsi que du miellat

produit par certains insectes, exceptionnellement d'autres éléments pulvérulents ou sucrés présent dans leur environnement, ou apportés par les apiculteurs. C'est parmi ces ressources qu'elle trouve les protéines, les hydrates de carbone, les graisses, les vitamines, et les minéraux. Ces éléments doivent être récoltés en quantité, qualité et proportions adaptées aux différentes activités: ponte, élevage, gelée royale, hivernage...

Alors que le miellat et le nectar représentent la principale source d'énergie pour le vol, la thermorégulation et la production de cire, le pollen sert au développement des individus.

La seule source protéinée exploitée par les abeilles est le pollen.image1

Le pollen est l'élément fécondant mâle de la fleur, minuscules grains de formes différentes suivant les espèces (2 à 200µ de diamètre). Il comporte habituellement deux cellules non cloisonnées et deux noyaux (un végétatif et un reproducteur). La cellule est protégée par une membrane cellulosique l'intine, à l'extérieure se trouve l'exine dont la surface est propre à chaque espèce.

image2Les protéines sont contenues principalement dans le cytoplasme. Le pollen apporte en outre des glucides ( amidon) des lipides, des vitamines et des minéraux.

Durant leur première partie de vie les ouvrières (1er-18ieme jour) consomment le pollen stocké sous forme de « pain d'abeille » , sorte d'ensilage de pollen additionné de sucres réducteurs provenant du nectar ou du miel, des Pseudomonas, trois espèces de saccharomyces, une de lactobacillus tassé dans l'alvéole rendant sa valeur biologique nettement supérieure à celle du pollen frais (Pain et all 1966).Au printemps la majeure partie est consommée entre le 3e et le 6e jour jusqu'au 9e jour en été (Zherebkin 1965) ,cet apport en protéines est indispensable à leur bon développement.

Cependant les abeilles doivent trouver dans leur alimentation des acides aminés spécifiques dix sont essentiels (thréonine, valine, méthionine, leucine, isoleucine, phénylalanine, histidine, lysine, arginine, tryptophane) (De Groot, 1953),le pourcentage de protéines contenues dans le pollen est également très important, pour pouvoir assimiler 10gr de protéines, une colonie doit consommer 48gr de pollen à 30% de protéines.

Kleinschmidt annonce 20% comme étant le taux minimum de protéines dans le pollen pour maintenir l'élevage et le développement (Kleinschmidt et al. 1974),en période de miellée intense avec augmentation de l'élevage ce taux doit dépasser les 30%!(Kleinschmidt 1986).

Acides Aminés en % du poids sec total

  •  arginine: de 4,4 à 5,7 %
  •  histidine: de 2,0 à 3,5 %
  •  isoleucine: de 4,5 à 5,8 %
  •  leucine: de 6,7 à 7,5 %
  • lysine: de 5,9 à 7,0 %
  •  méthionine: de 1,7 à 2,4 %
  • phénylalanine: de 3,7 à 4,4 %
  •  thréonine: de 2,3 à 4,0 %
  • tryptophane: de 1,2 à 1,6 %
  • valine: de 5,5 à 6,0 %

Teneurs en protéines brutes de différents pollens

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Travaux de Pernal et Currie, 2000

 

Le pollen intervient dans le développement des glandes hyopharyngienne des abeilles(Maurizio,1954).si les nourrices ne trouvent pas la quantité de pollen suffisante, leur production de gelée royale ne permettra pas un développement normal du couvain, ni une alimentation correcte de la reine et donc un déficit de ponte.

De même les larves de mâles ont besoin d'un apport suffisant en protides pour une bonne maturation sexuelle et une production en quantité et en qualité de spermatozoïdes.

En un an une colonie qui produit 200.000 individus nécessite au moins 25Kg de pollen rien que pour l'élevage des larves, si l'on tient compte des autres besoins en protéines, (production de cire, alimentation...),une consommation de 50Kg semble raisonnable.

Il faut tenir compte du temps de latence entre l'entrée du pollen en ruche et sa consommation sous forme de pain d'abeille, on considère que les effets d'une bonne rentrée de pollen se font sentir un mois et demi après sur la colonie.(Bruneau,2006).

Selon Sommerville(2001) c'est la quantité et la qualité des pollens qui a l'impact le plus limitant sur le développement du couvain .Dans une zone agricole avec 10% de tournesol et 5% de maïs, pendant leur période de floraison (5 semaines), leur part respectives de poids de pollen sont de 33% pour le tournesol et de 39% pour le maïs (Odoux, Lamy et Aupinel,2004) d'où l'extrême importance des pollens d'accompagnement. D'autant qu'il n'y a généralement aucune floraison d'importance pour prendre le relais!!

L'abeille a développé une stratégie de butinage qui lui assure une diversification de ses ressources alimentaires lui permettant d'éviter les carences et de diluer l'effet de toxiques potentiels. Pour l'apiculteur l'enjeu de l'alimentation est primordial, surtout sur des miellées d'espèces mellifères présentant des pollens de faible qualité dans un environnement peu (et de moins en moins) diversifié.

  • Nutrition et malnutrition des abeilles, biodiversité des plantes une clé pour l'alimentation et la survie de l'abeille (E.BRUNEAU 2006)L'importance du pollen pour l'abeille domestique (M.P CHUZAT, J PIERRE, BTA 2005)